L’histoire de la Corse

L'histoire de la Corse

La Corse a une histoire longue, mouvementée et tourmentée. Rarement elle s’est gouvernée elle-même, souvent elle a été combattue. Les nombreuses puissances qui ont conquis la Corse l’ont gouvernée sans se soucier particulièrement de sa population ou de sa prospérité. Elle a souvent été délaissée, considérée comme un trou perdu de la Méditerranée et traitée avec indifférence. Son histoire variée et multiforme lui a pourtant laissé des trésors : sites archéologiques mégalithiques, forteresses imprenables, villes pittoresques, gastronomie et identité culturelle riche.

Ses habitants sont fiers de leurs origines, à l’aise avec leur identité et farouchement protecteurs de leur île unique.

Chronologie des événements marquant 

6 000 avant J.-C. – le site archéologique mégalithique de Filitosa témoigne de la présence d’établissements en Corse il y a au moins 8 000 ans.

  1. 1 900 avant J.-C. – La civilisation torréenne s’établit au sud d’Ajaccio. Nommée d’après son penchant pour la construction de tours, elle finit par disparaître vers 600 av.

566 avant J.-C. – Des colons grecs découvrent Alalia, mais les Carthaginois et les Étrusques gardent le contrôle de la majeure partie de l’île.

260 avant J.-C. – À la fin de la première guerre punique, la Corse devient une province romaine, tout comme la Sardaigne voisine. Les Romains exploitent l’île pour son fer et son bois, plantent des vignes et étendent les marais salants. La ville grecque d’Alalia devient une importante colonie romaine sous le nom d’Aléria.

430 – L’Empire romain étant en phase de déclin, les Vandales attaquent et s’emparent de l’île.

522 – La Corse fait partie de l’Empire byzantin pendant une brève période, mais est attaquée à plusieurs reprises par les Vandales, les Ostrogoths et les Lombards. Le chaos règne.

  1. 725 : les Lombards prennent finalement le contrôle de la Corse, mais pas pour longtemps.

774 : Charlemagne conquiert la Corse et l’incorpore au Saint-Empire romain germanique. Elle reste sous le contrôle des Francs, avec de brefs intermèdes de domination lombarde jusqu’à la fin du 11e siècle.

1077 – Après des années d’anarchie, de luttes intestines entre les familles nobles de l’île et de guerres entre les Génois et les Pisans, la Corse est transférée aux États pontificaux.

1090 – Le pape accorde l’administration de la Corse à Pise et c’est ainsi que commencent près de deux siècles d’influence toscane, dont les effets survivent encore aujourd’hui dans la langue, la nourriture et le mode de vie. La Corse est divisée entre la Banda di Dentro (ou Cismonte), tournée vers la Toscane, et la Banda di Fuori (ou Pomonte), tournée vers l’ouest. Alors que la partie orientale de l’île est florissante, la partie occidentale reste isolée et relativement arriérée.

1282 – Bien que la Corse soit sous le contrôle des Pisans, les Génois continuent à attaquer l’île régulièrement. Finalement, en 1282, les Génois portent un coup fatal aux Pisans lors de la bataille de Meloria et prennent le contrôle de l’île. Ils maintiennent leur domination jusqu’en 1450, bien que la légitimité de leur pouvoir soit contestée par les rois d’Aragon successifs.

1450 – dans un geste jusqu’alors inédit, Gênes cède la Corse à son principal créancier, la Banque de Saint-Georges.

1553 – La Corse est envahie par une flotte combinée française et ottomane, mais le grand amiral génois Andrea Doria reconquiert l’île. Aux termes de la paix du Cateau-Cambrésis en 1559, la Corse est restituée à Gênes. C’est à la suite de cet événement que les Génois construisent un grand nombre de tours le long de la côte pour défendre l’île contre les pirates en maraude.

1729 – les Corses se révoltent contre leurs suzerains génois, une lutte qui durera environ 40 ans avant d’être totalement résolue.

1755 – La République corse, dirigée par Pasquale Paoli, est proclamée. Certaines parties de l’île, notamment les villes fortifiées de Calvi et de Bonifacio, restent toutefois sous le contrôle des Génois.

1769 – La Corse est conquise par la France, qui avait acheté l’île aux Génois en 1767. Cet achat, acte illégitime aux yeux de la République Corse, est validé par le traité de Versailles de 1768.

1769 – Napoléon Bonaparte naît à Ajaccio.

1789 – La Corse est officiellement incorporée à la France

1794 – Pasquale Paoli, ancien chef de la République corse, revient d’exil en Grande-Bretagne et le Royaume anglo-corse est créé. Cependant, deux ans plus tard, les Britanniques se retirent et la domination française reprend.

1797 – Napoléon Bonaparte devient Premier consul de la République française (techniquement le dirigeant de la France). Il ne semble pas avoir beaucoup de nostalgie ou d’amour pour son île natale, cependant, et pendant son règne, la Corse est largement négligée.

1814 – Alors que les guerres napoléoniennes touchent à leur fin, la Corse est occupée par les troupes britanniques, mais elle est rendue à la France une fois la monarchie restaurée.

1920 – Un mouvement séparatiste réclamant l’autonomie de la Corse est fondé. Pour brouiller les pistes, un autre mouvement demande l’annexion par l’Italie, un sentiment qui devient plus populaire après la prise de pouvoir de Mussolini en Italie.

1940 – La Corse est incorporée à la France de Vichy

1942 – La Corse est occupée par les forces italiennes et allemandes.

1943 – Les forces françaises libres libèrent la Corse en octobre et les États-Unis y établissent de nombreuses bases militaires aériennes.

1958 – Opération Corse : Des parachutistes français du corps algérien débarquent en Corse dans le cadre d’un coup d’État militaire visant à rétablir Charles de Gaulle à la présidence de la France. Aucun combat n’a lieu, mais le gouvernement français démissionne en masse et De Gaulle devient dûment président d’une nouvelle République.

1962 – L’Algérie obtient son indépendance de la France et des centaines de milliers de “pieds-noirs” (personnes d’origine française et européenne dont les familles vivent en Algérie depuis des générations) rentrent en France. Environ 18 000 d’entre eux s’installent en Corse, un acte qui attise le lent ressentiment de nombreux insulaires envers le gouvernement français. D’autres préjudices perçus conduisent à la formation d’un mouvement nationaliste de plus en plus populaire, dont l’aile militaire se heurte à plusieurs reprises à la police et aux forces armées françaises dans les années 1970 et 1980.

En savoir plus sur la Corse: incorsicamag.com

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